Le jour d'avant CHALANDON Sorj
"Venge-nous de la mine", avait écrit mon père. Ses derniers mots. Et je le lui ai promis, poings levés au ciel après sa disparition brutale. J'allais venger mon frère, mort en ouvrier. Venger mon père, parti en paysan. Venger ma mère, esseulée à jamais. J'allais punir les Houillères, et tous ces salauds qui n'avaient jamais payé pour leurs crimes.
Le quatrième mur CHALANDON Sorj
L'idee de Samuel etait belle et folle : monter l'Antigone de Jean Anouilh a Beyrouth. Voler deux heures a la guerre, en prelevant dans chaque camp un fils ou une fille pour en faire des acteurs. Puis rassembler ces ennemis sur une scene de fortune, entre cour detruite et jardin saccage. Samuel etait grec. Juif, aussi. Mon frere en quelque sorte. Un jour, il m'a demande de participer a cette treve poetique. Il me l'a fait promettre, a moi, le petit theatreux de patronage. Et je lui ai dit oui. Je suis alle a Beyrouth le 10 fevrier 1982, main tendue a la paix. Avant que la guerre ne m'offre brutalement la sienne. S. C.Rarement fiction fit autant ressentir l'intensite d'une guerre civile en y accolant la thematique du theatre comme arme rhetorique et politique. Ici battent des coeurs et tonne le monde. Hubert Artus, Lire.
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Maintenant que tout est découvert, ils vont parler à ma place. L'IRA, les Britanniques, ma famille, mes proches, des journalistes que je n'ai même jamais rencontrés. Certains oseront vous expliquer pourquoi et comment j'en suis venu à trahir. Des livres seront peut-être écrits sur moi, et j'enrage. N'écoutez rien de ce qu'ils prétendront. Ne vous fiez pas à mes ennemis, encore moins à mes amis. Détournez-vous de ceux qui diront m'avoir connu. Personne n'a jamais été dans mon ventre, personne. Si je parle aujourd'hui, c'est parce que je suis le seul à pouvoir dire la vérité. Parce qu'après moi, j'espère le silence.