La grammaire est une chanson douce Erik Orsenna
" Elle était là, immobile sur son lit, la petite phrase bien connue, trop connue : Je t'aime. Trois mots maigres et pâles, si pâles. Les sept lettres ressortaient à peine sur la blancheur des draps. Il me sembla qu'elle nous souriait, la petite phrase. Il me sembla qu'elle nous parlait : - Je suis un peu fatiguée. Il paraît que j'ai trop travaillé. Il faut que je me repose. - Allons, allons, je t'aime, lui répondit Monsieur Henri, je te connais. Depuis le temps que tu existes. Tu es solide. Quelques jours de repos et tu seras sur pied. Monsieur Henri était aussi bouleversé que moi. Tout le monde dit et répète " Je t'aime ". Il faut faire attention aux mots. Ne pas les répéter à tout bout de champ. Ni les employer à tort et à travers, les uns pour les autres, en racontant des mensonges. Autrement, les mots s'usent. Et parfois, il est trop tard pour les sauver. "
Quatre générations sous un même toit: la famine. III She Lao
Les habitants du Petit-Bercail sont pris dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale. Le conflit s'étend et les Pékinois sont confrontés à la terrible réalité du rationnement. La famine qui sévit dans tout le pays s'abat sur la capitale. L'édifice bâti par le vieux Qi tremble sur ses bases ...
Survivre à tout prix She Lao
Vaste trilogie romanesque. Le volume 1 évoque la Chine d'avant la révolution, plus exactement celle de 1937, alors que l'armée japonaise envahit Pékin. Comme le signale Le Clézio en préface (volume 1, p. III-X), ce roman de la guerre et de la résistance chinoise, qui est aussi une saga familiale, un roman d'amour et un hymne au petit peuple de Pékin, privilégie les descriptions et les situations à l'intrigue. Selon H. Bianciotti, les personnages, dans le volume 1, "manquent de consistance" (l'auteur se réservant pour les volumes suivants) : le volume 3 se déroule pendant l'occupation japonaise de la Chine, à l'époque de la Deuxième Guerre mondiale. [SDM]